08.03.2008
Pierre Péan, l'écrivain politique qui devient candidat
Le nom de Pierre Péan est souvent associé dans notre imaginaire à deux mots : politique et scandales. Il fait partie de ceux qui s'appuient clairement sur leur formation de journalistes. Péan fait de ses livres de vraies enquêtes. Parmi ses ouvrages les plus connus on peut citer L'inconnu de l'Elysée; TF1, un pouvoir; Une jeunesse française, François Mitterand 1934, 1947; La face cachée du Monde...
Après avoir tant écrit sur la politique en tant qu'analyste parfois un peu partial, Pierre Péan a décidé de se lancer dans les municipales. Il se présente à Maumusson, en Loire Atlantique. Après avoir cotoyé les plus grands de France, c'est dans cette bourgade de 800 habitants,où il habite depuis 2001, qu'il a décidé de se présenter, comme candidat libre.
Mais, à mes yeux, Pierre Péan reste un portraitiste avant tout. Voila comment débute son livre L'inconnu de L'Elysée, qui a été jugé par la presse trop flatteur envers le chef de l'Etat, mais qui a permis aux lecteurs de découvrir, un aspect de la personnalité de notre ancien président, rarement médiatisé.
"S'il est un homme politique que les Français pensent connaître, Jacques Chirac est bien celui-là. Le président occupe la scène politique depuis plus de quarante ans. Les journalistes lui ont consacré des dizaine de milliers d'articles, les télévisions des milliers de journaux télévisés, d'émissions et de portraits, et le monde de l'édition plus de deux cents livres. Il faudrait plusieurs promotions d'historiens pour éplucher cette masse documentaire. Mais cette recherche est inutile pour connaître la direction prise par tous ces travaux depuis quelques années : un sens univoque, désespérément commun, absolument consensuel. La totalité des ouvrages récents consacrés à Jacques Chirac sont à charge. Dès qu'il s'agit du président dans une rédaction ou un studio de télévision ou de radio, un sourire mauvais assombrit le visage du journaliste qui parle. Le président ne saurait être considéré ou pris au sérieux. [...]"
En cela, quelque part, Pierre Péan fait honneur au journalisme. Il assume son parti pris et nous montre qu'il y a toujours une autre version. A nous de voir laquelle nous séduit le plus.
11:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Pierre, Péan, municipales, Chirac
27.02.2008
Polémique avant le Salon du livre
Le lien entre le Salon du livre de Paris, qui aura lieu du 14 au 19 mars, et Israël n'est pas forcément évident. Pourtant, à l'occasion de son 60ème anniversaire, Israël sera l'invité d'honneur du Salon. Ce qui provoque déjà les foudres de nombreux écrivains et éditeurs arabes dont le président de l'Union des écrivains égyptiens. Evoquant un possible boycott du salon, tous mettent en avant leur solidarité avec le peuple palestinien et dénoncent l'attitude d'Israël. Parmi eux, le secrétaire général de l'Union des écrivains arabes, le journaliste et écrivain, Mohamed Salmawy.
Qui est donc ce Mohamed Salmawy? L'auteur de nombreux romans, essais et pièces de théatre dont la plus connue, La dernière danse de Salomé, publiée en 2001. Il est également le rédacteur en chef d'Al-Ahram Hebdo, un journal égyptien francophone, accusé à la fin des années 90, de "manques à la déontologie" journalistique pour son parti pris contre Israël. Selon Courrier international," le journal s’est attiré les critiques et attaques de plusieurs organisations professionnelles, antiracistes ou de défense des droits de l’homme pour la publication d’articles jugés antisémites."
Pourtant, l'écrivain-journaliste avait vivement réagi aux propos du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad en 2005. "J’ai été ravi de l’attaque lancée par le premier ministre britannique, Tony Blair, contre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui a appelé à rayer Israël de la carte. Pour Blair, ces déclarations sont « inacceptables » et lui donnent la nausée. Cette position m’a donné confiance que la conscience britannique s’est finalement réveillée et qu’elle refuse désormais ce qu’a subi la Palestine qui a été rayée de la carte du Moyen-Orient il y a un demi-siècle, sans que la Grande-Bretagne n’ait eu la nausée." avait-il alors écrit.
Il n'est pas le seul à s'opposer à ce qu'Israël soit à l'honneur dans quelques semaines à Paris. Une quinzaine de syndicats égyptiens regroupant toutes sortes de professions a remis, ce week end, une note de protestation à Philippe Coste, l'ambassadeur de France en Egypte. Pour ajouter à la confusion qui va sûrement régner au Salon du livre cette année, l'écrivain israëlien Aaron Shabtaï, invité au Salon a d'ores et déjà annoncé son intention de le boycotter. " Je considère qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande, dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de terribles crimes contre l’humanité."
Enfin, pour calmer les esprits, rien de mieux que la littérature. Voici un résumé de La dernière danse de Salomé, que je vais me procurer au plus vite. Qu'est-il advenu de Salomé après la décapitation de Saint Jean Baptiste ? L'écrivain égyptien Mohamed Salmawy répond à cette question inédite et hautement shakespearienne, dans sa pièce. Salomé n'est plus mentionnée dans les livres saints que pour son crime affreux (c'est elle qui aurait demandé la tête de Jean-Baptiste). Le dramaturge conduit ainsi à une réflexion sur la mémoire et la violence de l'histoire. Une réflexion d'actualité au moment où cette terre sainte est à nouveau secouée par les convulsions de l'histoire.
Liens à visiter : http://www.republique-des-lettres.fr
14:11 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Mohamed Salmawy salon livre
22.02.2008
Le roi Arturo
La Neuvième porte c'est lui.
Ce n'est ni Johnny Depp, ni Roman Polanski mais Arturo Pérez Reverte, l'auteur du Club Dumas, le livre dont est tiré le film.
Ancien reporter de guerre, l'écrivain, aujourd'hui membre de l'Académie royale espagnole, sait ce que signifie écrire sous la pression. En 21 ans d'exercice, il a couvert de nombreux conflits un peu partout dans le monde. D'où sans doute, sa capacité à traiter des sujets très différents et à les raconter avec minutie et force détails.
La Reine du sud nous emmène sur les traces de Teresa Mendoza, une jeune femme colombienne qui devient l'un des pilliers du monde de la drogue, seule façon pour elle de s'en sortir dans un monde d'hommes avides de pouvoir. Un roman passionnant écrit avec tout le talent d'un journaliste de terrain. C'est un vrai reportage que nous livre Arturo Pérez Reverte : des faits glaçants, les règles impitoyables de l'univers des trafiquants, le portrait d'une femme qui devrait représenter le mal mais qui reste à nos yeux de lecteurs, sympathique et fragile. Derrière tout cela, l'influence d'Alexandre Dumas, l'auteur favori d'Arturo Perez Reverte est palpable.
Et parce qu'un petit extrait ne fait jamais de mal : Ici, Teresa n'a encore aucune influence dans le monde de la drogue. Elle se retrouve en prison après avoir aidé son amant à faire passer du hashish en Espagne. Les douaniers ont tué l'homme et emprisonné Teresa.

"Elle continuait à garder les yeux fermés, la cigarette fumante à la bouche, et le soleil accentuait les petites taches, semblables à des grains de son, qu'elle avait sur le nez. Elle avait été attirante et, d'une certaine manière, elle l'était encore. Ou peut-être plus agréable que vraiment attirante, avec ses cheveux blonds, son mètre soixante-dix-huit, ses yeux vifs qui semblaient rire tout le temps intérieurement quand ils vous regardaient. Une mère qui avait été Miss Espagne en 1950 et des poussières, mariée avec le O'Farrell des vins et des chevaux de Jerez dont on voyait parfois des photos dans les magazines: un vieux tout ridé et élégant sur fond de barriques et de têtes de taureaux, dans une maison pleine de tapis, de tableaux et de meubles couverts de céramiques et de livres. I1 y avait d'autres enfants, mais Patricia était la brebis noire. Une affaire de drogue sur la Costa del Sol, avec mafia russe et trucidés. Son ami qui portait trois ou quatre noms avait été descendu d'une rafale, et elle s'en était tirée de justesse avec deux balles qui l'avaient expédiée pour un mois et demi en réanimation. Teresa avait vu les cicatrices dans les douches et quand Patricia se déshabillait dans leur cellule: deux étoiles marquant la peau dans le dos, près de l'omoplate gauche. La trace de la sortie d'une des deux balles était plus grosse, devant, sous la clavicule. La seconde s'était écrasée contre l'os et avait été extraite sur le billard. Des balles blindées, tel avait été le commentaire de Patricia la première fois que Teresa l'avait contemplée. Si ç'avaient été des dum-dum, je ne te dis pas le désastre. Après quoi elle avait clos l'affaire d'une grimace muette et amusée. Les jours de pluie, cette seconde blessure la faisait souffrir, tout comme Teresa souffrait de la fracture récente de son bras plâtré.
- Qu'est-ce que tu penses d'Edmond Dantès ?
Edmond Dantès c'est moi, répondit Teresa presque sérieusement, et elle vit les rides autour des yeux de Patricia s'accentuer, sa cigarette trembler sous son sourire. Et moi, dit-elle à son tour. Et toutes celles-là, ajouta-t-elle en désignant la cour sans ouvrir les yeux. Nous sommes toutes des vierges innocentes et nous rêvons à un trésor qui nous attend quand nous sortirons d'ici."
En lisant les romans de Perez Reverte, on découvre à la manière d'un reportage, des moeurs, des histoires qui semblent si réelles qu'on pourrait aisément les confondre avec la réalité. La recherche de Satan dans le Club Dumas, le piratage informatique de l'ordinateur du Vatican avec La peau du tambour , un hymne à la mer dans Le cimetière des bateaux sans nom...
Les principes clés de Pérez Reverte? Une grande variété de thèmes, une curiosité irrépressible, des faits vérifiés, bref, toute la panoplie des techniques journalistiques au service du roman.
15:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arturo Perez Reverte
21.02.2008
Romans sous presse, why?
Ernest Hemingway, Gabriel Garcia Marquez, Françoise Giroud, des noms archi-connus et des personnalités complexes. Journalistes ou écrivains ? Difficile de les ranger dans une catégorie. Leur métier de reporters a façonné leur écriture et a donné une nouvelle dimension à leurs romans. Etudiante en journalisme, issue d’une formation littéraire, je souhaite faire découvrir, dans ce blog, le style si particulier des journalistes devenus romanciers. Have fun!
17:50 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Journalisme, romans










